Société

Dans une lettre adressée à M. Martin Fayulu, coordonnateur de la coalition politique « Lamuka », l’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA) interpelle ce dernier sur des attaques répétitives contre les professionnels de la presse nationale, lors des manifestations publiques organisées par cette plate-forme. OLPA évoque plusieurs cas d’agression brutale des journalistes par des personnes se réclamant de « Lamuka » et appelle M. Fayulu à briser son silence.
Ci-dessous l’intégralité de la correspondance réceptionnée par le
secrétariat de la Dynamique de l’Opposition (D.O) :

Kinshasa, le 6 février 2019

N/Réf : 133/CE/CNB-NZ2/19

Transmis copie pour information :

A Monsieur le Président du Bureau provisoire de l’Assemblée nationale

A Monsieur le Président du Conseil national de suivi de l’Accord (CNSA)

A Monsieur le Président de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH)

A Monsieur le Président du Conseil supérieur de l’Audiovisuel et de la
Communication (CSAC)

A Madame la Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU en RDC

(Tous respectivement à Kinshasa/Gombe et Kinshasa Lingwala)

A Monsieur Martin Fayulu Madidi Coordonnateur de la Coalition
à Kinshasa/Kasa-Vubu

Monsieur,

Concerne : protestation contre les attaques ciblées des journalistes
à Kinshasa

Le Comité exécutif de l’Observatoire de la Liberté de la
Presse en Afrique (OLPA), organisation non gouvernementale de défense
et de promotion de la liberté d’information basée à Kinshasa, a
l’honneur de venir par la présente auprès de votre haute personnalité pour ce repris en concerne.

En effet, OLPA proteste contre la montée en flèche des actes
d’intolérance politique vis-à-vis des professionnels de la presse de
la ville de Kinshasa et dont les auteurs se réclament être des
partisans de la plate-forme Lamuka qui a soutenu votre candidature à la présidentielle du 30 décembre 2018.

Pour votre gouverne, sieurs Dieu Makesela et Israël Mutombo
respectivement reporter-cameraman à Tokomi Wapi ? (où en sommes-nous ?), un magazine d’informations générales diffusé sur plusieurs médias émettant à Kinshasa, et présentateur de l’émission Bosolo ya Politiki (Vérité sur la politique), diffusée sur Africa TV, une station privée de télévision émettant à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), en sont victimes.

Une dizaine de minutes avant votre arrivée sur le lieu de votre
dernier meeting politique du 2 février 2019, Dieu Makesela a été
agressé par deux hommes en tenue civile commis à la sécurité du
rassemblement organisé par votre plate-forme au terrain Sainte Thérèse de N’Djili, dans la périphérie Est de Kinshasa, ce en présence de plusieurs cadres de la coalition Lamuka. Ses assaillants lui reprochaient d’avoir couvert activement la campagne électorale de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, président de la République. Le matériel de travail du journaliste (camera et micro) a été endommagé et ses effets personnels extorqués.

De son côté, Israël Mutombo a été sommé par les cadres et militants de la coalition Lamuka de prendre le micro et de déclarer publiquement que c’est Martin Fayulu qui a été élu comme président de la RDC. Il était reproché au journaliste d’avoir traité Martin Fayulu de candidat malheureux à la présidentielle, au cours d’une de ses émissions, et Moïse Katumbi, ancien gouverneur du Katanga de criminel économique.
Face au refus du journaliste d’obtempérer à cette injonction,
plusieurs militants en colère se sont rués sur lui, et ont confisqué
son matériel de travail (camera, téléphone) et d’autres effets
personnels.
Ces attaques odieuses contre les journalistes en plein exercice de
leur travail est la conséquence, d’une part, de plusieurs menaces à
peine voilée subie par la plupart d’entre eux lors du rassemblement
avorté du 21 janvier 2019 dans la commune de Kasa-Vubu, et d’autre
part de l’indifférence manifeste de certains cadres de votre coalition
politique face aux actes d’intolérance politique contre les médias.

Monsieur,

La stigmatisation et les attaques ciblées contre les
professionnels des médias par des personnes se réclamant être membres
de la plate-forme politique Lamuka, sont des actes attentatoires au
droit d’informer et d’être informé garanti par les instruments
juridiques nationaux et internationaux relatifs aux droits de l’homme.

Il y a également lieu de rappeler que la liberté de presse est un des
piliers de la démocratie que les pouvoirs publics ont l’obligation de
protéger. Il est aussi pour ceux qui aspirent à occuper les hautes
fonctions de l’Etat de ne ménager aucun effort pour la faire
respecter.

Par voie de conséquence, OLPA exhorte votre bienveillante personne à
briser le silence et à appeler les cadres et militants à cesser des
attaques ciblées contre les professionnels de la presse dans le cadre
de leur travail.

OLPA vous prie également de diligenter une enquête interne au sein de
la coalition politique, pour identifier les auteurs d’agression
brutale contre les journalistes, le 2 février 2019, afin qu’ils
répondent de leurs actes.

Espérant une suite favorable, le Comité exécutif de l’OLPA vous prie
d’agréer, Monsieur, ses sentiments patriotiques.

Ce dont ses membres vous remercient vivement

Pour le Comité exécutif

NSINGI BAMENGA Chancelle,  Secrétaire Exécutive

ZOMBO LISOLO Nancy, Chargée d’Administration

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